Saint-Estèphe

Histoire

Saint-Estèphe qui s’appelle jusqu’au 18ème siècle «  Saint-Esteve de Calones » (de Calonès signifiant petits vaisseaux qui portaient du bois), est née du fleuve. Les premiers occupants l’utilisent pour développer les échanges commerciaux. Aujourd’hui les nombreux cours d’eau, esteys et marais qui renferment souvent les vestiges d’un lointain passé, racontent l’histoire de ce beau village viticole.

De l'âge du bronze à la vigne

Les origines de Saint-Estèphe sont très anciennes. De nombreuses traces et vestiges archéologiques révèlent l’existence d’une occupation du sol dès l’âge du Bronze Moyen (-3500av.JC).

Sa situation en bordure du fleuve a permis aux navires de toutes origines de venir s’approvisionner en produits locaux ou échanger des marchandises.

La vigne présente dès l'époque gallo-romaine

Les Gaulois du Médoc qu’on appelle les Médulli – une peuplade autochtone celte qui aurait donné son nom au Médoc, ‘terre du Milieu’ ‘milieu des eaux’- ont sans doute exploité la vigne après avoir fait connaissance avec le vin importé d’Italie par les Romains.

Bien qu’avant le Moyen-Age on ne peut pas véritablement parler de culture de la vigne dans le Médoc, il est vraisemblable que les échanges commerciaux et culturels entre ces deux peuples ont contribué à une connaissance viticole.

Le mystère de Noviamagus ! La cité romaine perdue dont parle Ptolémée dans la «  Géographie » Noviamagus, une cité aussi importante que Burdigala (l’actuel Bordeaux) se positionnerait d’après les chercheurs historiens et géographes aux alentours du site archéologique de Brion proche de l’actuel Saint-Estèphe.

Au Moyen-âge, les moines développent la viticulture

La viticulture à Saint-Estèphe semble remonter au moins au 13ème siècle. Implantée par les moines, elle se développe tout au long du Moyen-Age. Le vin est divin et on le consomme plus facilement que l’eau plus incertaine. Saint-Estèphe est aussi sur le passage des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

Venant du nord, animés par le culte des reliques, bravant les dangers, ils traversaient le fleuve pour accoster dans le port de Saint-Estèphe. Ils se réfugiaient alors dans l’église Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs (détruite en 1704, cette église était située à l’entrée du port) et Notre-Dame-de-Couleys (à l’emplacement de l’actuel château Meyney).

Malgré des périodes de troubles, l’occupation anglaise a incontestablement favorisé un essor économique durable de la vigne.

L’activité du port de Saint-Estèphe liée à la vigne, est intense et le restera jusqu’au 18ème siècle.

Le passage des pèlerins attirait de nombreux marchands. « La Foire de la Chapelle » qui a lieu encore chaque année au début du mois de septembre témoigne de ce passé.

La fureur de planter au 18ème siècle

Le paysage marécageux, composé d’îles va changer de physionomie à partir du 17ème siècle avec l’assèchement des marais entrepris par les hollandais à la demande d’Henri IV.

Extrait de la carte du cours de la Garonne, 1759

Petit à petit, un paysage de champs de vignes sur des croupes ensoleillées prend de l’ampleur à tel point que la vigne devient pratiquement la seule culture du village.

Le remembrement des terres commencé dès l’époque moderne va permettre la constitution des domaines viticoles. Les riches parlementaires bordelais s’intéressent à cette partie géographique du Nord de Bordeaux et entament une véritable colonisation.

Cet engouement est accentué par la notion de ‘Cru’ qui se développe dès le début du 18ème. Le vin que l’on surnomme désormais « le New French Claret » s’est considérablement amélioré et est prisé par une clientèle internationale.

Si les plus grands vignobles appartiennent à la noblesse de robe, à de grands bourgeois, ou riches négociants, Saint-Estèphe a toujours compté un grand nombre de propriétaires originaires du cru qui possèdent des propriétés de plus petites tailles.

Le 19ème - Les prémices d'une viticulture moderne

Les prieurés-grange du Moyen-Age, les bourdieux, les premières bâtisses ont depuis longtemps disparu et sont remplacés par des châteaux à l’architecture variée.

Le fait de superposer le terme de « château » à celui de « cru » a sans doute contribué à la construction frénétique de nombreux châteaux au 19ème siècle.

Dans la deuxième partie du 19ème siècle, des nouveaux acquéreurs, hommes d’affaires fortunés, négociants, industriels, banquiers français et étrangers, achètent les crus et les développent.

Saint-Estèphe aujourd'hui

Saint-Estèphe est un village viticole qui a su garder une âme de viticulteur proche de sa vigne.

Ce qui ne l’empêche pas d’être à la pointe du progrès et de compter parmi ses châteaux les plus beaux chais du Monde.

Saint-Estèphe offre une image où tradition et modernité sont en parfaite harmonie.

L’appellation compte :

5 Crus Classés de 1855
15 Crus Bourgeois dont 3 exceptionnels
Une trentaine de « Hors Classés »
3 Crus Artisans
1 cave coopérative

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