é Notre appellation – Maison du Vin Saint-Estephe

Notre Vignoble

Saint-Estèphe

L’appellation Saint-Estèphe est fille du fleuve

Située en bordure de l’estuaire de la Gironde, elle se positionne au cœur du Médoc, à une cinquantaine de km au nord de Bordeaux. Sa situation entre mer et estuaire lui confère une douceur climatique concrétisée par une régulation thermique, un bel ensoleillement et un brassage des vents, autant d’éléments bénéfiques à la bonne maturation des raisins.

Son vignoble de 1250 ha s’étale sur un modelé de croupes bien drainées. Un drainage naturel accentué par la composition de son terroir majoritairement graveleux. Il y a des millénaires, à l’ère quaternaire, les « graves » arrachées aux lointaines montagnes par un fleuve torrentiel se sont déposées sur le support tertiaire par couches successives. Constituées de petits galets roulés, de quartz blanc en forme de dragées mais aussi de grès, silex, lydiennes volcaniques, meulières, ces graves sont mélangées à des sables et des argiles en proportion variable d’un endroit à l’autre de l’appellation. Cette grande variété géologique explique en partie la diversité des paysages et des coloris des sols.

Les spécificités du terroir de Saint-Estèphe

Une des caractéristiques du terroir de Saint-Estèphe est de présenter des nappes profondes argileuses qui favorisent une bonne résistance des vignes au stress hydriques dans les années de forte sécheresse. Une autre spécificité du terroir est la présence du calcaire marin dit « de Saint-Estèphe » qui affleure à certains endroits de l’appellation. Ces diversités dans la composition des sols qui fonctionnent en parfaite intelligence avec le climat ainsi que l’équilibre avec les sous-sols offrent au terroir de Saint-Estèphe sa subtilité.

Des cépages adaptés à la diversité des sols

Le vin de Saint-Estèphe est le fruit d’un assemblage précis. Le cépage majoritaire est le cabernet sauvignon. Il apporte au vin une grande complexité, de la finesse, un intense bouquet et une structure tanique qui permet au vin de vieillir longtemps. Le merlot plus adapté à des sols argilo-graveleux donne au vin tanicité mais aussi rondeur, fruit et moelleux. Le cabernet franc plus minoritaire représente 7% de l’appellation. Plus exigeant que le cabernet sauvignon, il aime les sols argilo-graveleux mais aussi les sols d’argiles sur calcaire. Enfin le petit verdot est un cépage minoritaire. Parvenu à bonne maturité il confère au vin une belle couleur, une vivacité et un joli bouquet au parfum de violette.

Les vins racés et élégants de Saint-Estèphe

Bien que le vin de Saint-Estèphe présente un même ADN, on ne peut le réduire à un style unique tant la grande diversité des microclimats et des terroirs dont il est issu lui apportent une multitude d’expressions et de nuances. Cependant on peut le décrire comme un vin possédant une très grande puissance tannique qui lui confère une aptitude exceptionnelle au vieillissement. Ce qui ne l’empêche pas d’être apprécié dans sa jeunesse tant ses tanins racés et élégants le définissent dans une structure harmonieuse et savoureuse.

 

 

Le vignoble en chiffre

1250 ha (7,5 du vignoble médocain)
50% cabernet sauvignon
40% merlot
7% cabernet franc
3% petit verdot
Production moyenne : 8,7 millions de bouteilles
Viticulteurs : 58 indépendants et environ 17 coopérateurs réunis à la Cave Coopérative de Saint-Estèphe
5 Grands Crus Classés de 1855, une trentaine de ‘Hors Classés’, une vingtaine de Crus Bourgeois, 1 Cru Artisan

Notre Histoire

Saint-Estèphe

Saint-Estèphe qui s’appelle jusqu’au 18ème siècle «  Saint-Esteve de Calones » (de Calonès signifiant petits vaisseaux qui portaient du bois), est née du fleuve. Les premiers occupants l’utilisent pour développer les échanges commerciaux. Aujourd’hui les nombreux cours d’eau, esteys et marais qui renferment souvent les vestiges d’un lointain passé, racontent l’histoire de ce beau village viticole.

 

De l’âge du bronze à la vigne

Les origines de Saint-Estèphe sont très anciennes. De nombreuses traces et vestiges archéologiques révèlent l’existence d’une occupation du sol dès l’âge du Bronze Moyen (-3500av.JC). Sa situation en bordure du fleuve a permis aux navires de toutes origines de venir s’approvisionner en produits locaux ou échanger des marchandises.


La vigne présente dès l’époque gallo-romaine

Les Gaulois du Médoc qu’on appelle les Médulli – une peuplade autochtone celte qui aurait donné son nom au Médoc, ‘terre du Milieu’ ‘milieu des eaux’- ont sans doute exploité la vigne après avoir fait connaissance avec le vin importé d’Italie par les Romains.

Bien qu’avant le Moyen-Age on ne peut pas véritablement parler de culture de la vigne dans le Médoc, il est vraisemblable que les échanges commerciaux et culturels entre ces deux peuples ont contribué à une connaissance viticole.

Le mystère de Noviamagus ! La cité romaine perdue dont parle Ptolémée dans la «  Géographie » Noviamagus, une cité aussi importante que Burdigala (l’actuel Bordeaux) se positionnerait d’après les chercheurs historiens et géographes aux alentours du site archéologique de Brion proche de l’actuel Saint-Estèphe.

Au Moyen-Age, les moines développent la viticulture

La viticulture à Saint-Estèphe semble remonter au moins au 13ème siècle. Implantée par les moines, elle se développe tout au long du Moyen-Age. Le vin est divin et on le consomme plus facilement que l’eau plus incertaine. Saint-Estèphe est aussi sur le passage des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Venant du nord, animés par le culte des reliques, bravant les dangers, ils traversaient le fleuve pour accoster dans le port de Saint-Estèphe. Ils se réfugiaient alors dans l’église Notre-Dame-Entre-Deux-Arcs (détruite en 1704, cette église était située à l’entrée du port) et Notre-Dame-de-Couleys (à l’emplacement de l’actuel château Meyney). Le passage des pèlerins attirait de nombreux marchands. « La Foire de la Chapelle » qui a lieu encore chaque année au début du mois de septembre témoigne de ce passé.

Malgré des périodes de troubles, l’occupation anglaise a incontestablement favorisé un essor économique durable de la vigne. L’activité du port de Saint-Estèphe liée à la vigne, est intense et le restera jusqu’au 18ème siècle.


La Fureur de Planter au 18ème siècle

Le paysage marécageux, composé d’îles va changer de physionomie à partir du 17ème siècle avec l’assèchement des marais entrepris par les hollandais à la demande d’Henri IV. Petit à petit, un paysage de champs de vignes sur des croupes ensoleillées prend de l’ampleur à tel point que la vigne devient pratiquement la seule culture du village. Le remembrement des terres commencé dès l’époque moderne va permettre la constitution des domaines viticoles. Les riches parlementaires bordelais s’intéressent à cette partie géographique du Nord de Bordeaux et entament une véritable colonisation. Cet engouement est accentué par la notion de ‘Cru’ qui se développe dès le début du 18ème. Le vin que l’on surnomme désormais « le New French Claret » s’est considérablement amélioré et est prisé par une clientèle internationale.

Si les plus grands vignobles appartiennent à la noblesse de robe, à de grands bourgeois, ou riches négociants, Saint-Estèphe a toujours compté un grand nombre de propriétaires originaires du cru qui possèdent des propriétés de plus petites tailles.


Le 19ème les prémices d’une viticulture moderne

Les prieurés-grange du Moyen-Age, les bourdieux, les premières bâtisses ont depuis longtemps disparu et sont remplacés par des châteaux à l’architecture variée. Le fait de superposer le terme de « château » à celui de « cru » a sans doute contribué à la construction frénétique de nombreux châteaux au 19ème siècle. Dans la deuxième partie du 19ème siècle, des nouveaux acquéreurs, hommes d’affaires fortunés, négociants, industriels, banquiers français et étrangers, achètent les crus et les développent.

Saint-Estèphe aujourd’hui

Saint-Estèphe est un village viticole qui a su garder une âme de viticulteur proche de sa vigne. Ce qui ne l’empêche pas d’être à la pointe du progrès et de compter parmi ses châteaux les plus beaux chais du Monde. Saint-Estèphe offre une image où tradition et modernité sont en parfaite harmonie.

L’appellation compte :

5 Crus Classés de 1855
Une vingtaine de Cru Bourgeois
Une trentaine de « Hors Classés »
1 Cru Artisan
1 cave coopérative

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